Avant que l’Etat n’impose l’usage du charbon, le combustible utilisé pour chauffe de la pierre à chaux était le bois. On trouve encore quelques vestiges de fours de ce type, qui sont encore utilisé dans les pays du Tiers-Monde.
Présentation
Très nombreux en Queyras (photo 1), ils différent des fours à combustible charbon par les points suivants :
ils sont cylindriques et 20 fois plus gros,
les pierres utilisées pour leur construction étaient souvent jointées à l’argile,
le combustible bois est séparé de la pierre à chaux par une voûte (schémas 2 et 3) qui est détruite au moment du défournage,
au moment de la mise à feu, l’ouverture de la gueule est en partie obstruée pour réduire le tirage.
Ces fours ont disparu au début du XIXème siècle avec la promulgation du nouveau code forestier qui a proscrit leur usage pour des raisons de sécurité et de protection des forêts.
Leur taille énorme se justifie par le fait que leur mise ne œuvre nécessite une main d’oeuvre très importante pour la construction de la voûte et l’alimentation du foyer. Les fournées étaient donc moins fréquentes qu’avec les fours à combustible charbon.
Fonctionnement
Par chance, nous avons retrouvé dans le secteur de le Roche de Rame, un four qui n’avait jamais été mis à feu et qui, de ce fait, possédait encore sa voûte. En 2005, nous l’avons reconstruit sur l’espace fours de Villard St Pancrace à l’échelle ½. (photo 4)
Par
Quel type de bois ?
Il n’y a pas de règle : les chaufourniers utilisaient le bois dont ils disposaient : broussailles de la garrigue dans le Midi, bûches de cèdre au Maroc…En Briançonnais, les chaufourniers utilisaient les chablis (bois couchés par les avalanches), voire les bois issus de la destruction accidentelle de maisons !
ailleurs, de nombreux adhérents ou sympathisants nous ont fourni de multiples documents sur les fours de ce type encore en fonctionnement au Maroc (photo 5), aux Antilles, au Yemen et en Roumanie. Ces informations nous ont permis de tenter un essai de cuisson en 2005 (photos 6 et 7).
Cette opération réclame une énorme main d’œuvre :
dans la préparation puisqu’il faut construire une voûte à chaque cuisson,
lors de la combustion puisqu’il approvisionner le foyer en bois sans attendre que les flammes retombent et ce pendant 3 jours et 3 nuits 24h/24