Bas-fourneau
| | Avant l’arrivée de l’électricité, le Briançonnais a connu une activité de fonderie très importante en raison de la présence d’une force hydraulique abondante, celle des torrents. Cette activité mobilisait des bas-fourneaux dont nous avons retrouvé les traces dans les archives. |
a- fonte du minerai de sidérite en 1997
En 1997, en partenariat avec une association de métallurgiste du Havre, l’association NISHIKAZE, nos avons fondu le minerai de sidérite du col du Chardonnet (2600m), dans un bas-fourneau (
photo 1) sur la place du Serre d’Aigle à Chantemerle. Après 2 jours de combustion, le four à été démonté (
photo 2) et dans la « loupe » obtenue (
photo 3) nous avons trouvé des globules de fer mais aussi des globules de cuivre (
photo 4) et d’argent.
Les briançonnais ont donc exploité ce minerai pour en tire du cuivre. D’ailleurs, la concession accordée au début du XIXème siècle portait sur le cuivre.
b- fonte du minerai de galène argentifère
En 2006 et 2007, nous avons tenté de fondre le minerai de galène argentifère (
photo 5) de la mine du Fournel à l’Argentière-la-Bessée dans un bas fourneau (
photo 6). Plusieurs essais ont eu lieu. Quelques uns ont été couronnés de succès.
Il s’agit d’une technique difficile à mettre en œuvre car elle met en jeu des réactions chimiques complexes :
- le minerai constitué essentiellement de sulfure de plomb doit être d’abord transformé en oxyde de plomb (la « litharge ») par « grillage » en présence d’oxygène.
- dans une 2ème étape l’oxyde de plomb doit être « réduit » en présence de monoxyde de carbone. Le « plomb d’œuvre » (photo 7) renfermant une faible proportion d’argent s’écoule (photo 8).
Cette dernière réaction se produit à une température de l’ordre de 1000°. Toute la difficulté réside dans le fait qu’il faut réunir à la fois un « milieu réducteur » et une température élevée. Par ailleurs, des réactions « parasites » peuvent se produire notamment entre la gangue de quartz et le plomb. Pour les court-circuiter, on peut utiliser le fer comme « désulfurant ».
La trompe à eau
Avant l’arrivée de l’électricité, la ventilation des bas-fourneaux était assurée par des trompes à eau dont le principe de fonctionnement est le suivant : l’eau qui s’écoule dans un tuyau vertical entraîne de l’air (effet « Venturi »). Ce dernier est libéré au pied de la chute lorsque l’eau vient frapper une grille.
Sur l’espace fours de Villard St Pancrace, nous avons construit une trompe à eau (
photo 9) identique à celle du XVIIIème siècle mais avec des matériaux modernes.