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Les mines paysannes : techniques d'exploitation

 Dans les mines paysannes, les techniques d'exploitation sont restées archaïques. C'est ce qui fait aujourd'hui l'originalité de ce patrimoine.


Inclinaison des veines et techniques d'exploitation

Rares étaient les veines horizontales. Dans ce cas, une galerie "maîtresse" (photo 1) débouchait sur des chambres d'exploitation (photo 2). Des morceaux de troncs (les "buttes") y empêchaient l'effondrement du toit.

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En raison des mouvements alpins, les veines étaient, le plus souvent, redressées à la verticale (photo 3). Dans ce cas, les morceaux de troncs servaient d'échafaudage (schéma 4).

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Du grattage au travers bancs

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Dans les zones les plus reculées, l'exploitation se faisait par simple "grattage", directement dans la veine. C'est le cas dans le site de Gadgeors (photo 5).

Dans les secteurs les mieux équipés, on creusait un travers-bancs qui permettait d'atteindre la couche en profondeur (schéma 6). Les avantages de ce dernier sont nombreux :
  • la couche est exploitée là où elle est la plus épaisse,
  • l'évacuation du charbon utilise au mieux la gravité,
  • l'évacuation de l'eau est facile.
En revanche, son percement exigeait une bonne connaissance de la géologie et représentait un investissement humain préalable.

La ventilation

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Faute de disposer de compresseurs, les mineurs-paysans utilisaient un système de convection naturelle de l'air, reliant la galerie d'exploitation à une galerie dite du "retour d'air" par des "montages" (schéma 7).

L'outillage

Il était des plus traditionnels : pics, masses, pointerolles…Les mineurs utilisaient aussi un explosif de type militaire, stable aux basses températures, la "cheditte".

A l'intérieur des galeries, le charbon était transporté dans des brouettes, des "cabasses" (photo 8) ou des sacs en jute.
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Le boisage

Pour éviter l'effondrement du toit, les galeries devaient être boisées. Le boisage se faisait à l'économie, sans utiliser de clous trop onéreux.

Le transport

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 A l'extérieur, 3 principaux systèmes de transports étaient utilisés :
  • la "ramasse" (photo 10), sorte de "schlitte" alpine. Emblématique du Briançonnais, les ramasses étaient construites sur place selon des techniques précises et originales.
    Pour plus de détails on se reportera à la publication de l'association "les ramasses" (1 euro).
  • les goulottes à sec. Le charbon y était propulsé jusqu'au bas de la pente (photo 12).
  • les goulottes hydrauliques (photo 11) qui transportaient le charbon par un système de « chasse d'eau ». Il s'agit de systèmes très originaux visibles dans 3 sites. Les goulottes du Lauzet sont les plus spectaculaires car elles mesurent 2,5 km de long (sur 800 m de dénivelée) et montrent, en bordure de la route nationale, de gros bassins de décantation (photo 13).
Pour plus détails, on se reportera à la publication de l'association "les goulottes" (1 euro).

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Organisation sociale

Selon les secteurs, on passait de l'individualisme le plus complet à une mise en commun des productions :
  •         Le mémoire d'Aymeric LENNE sur les mines paysannes du Briançonnais

    Unjeune étudiant en Histoire de l'UFR d'Histoire d'Aix-Marseille aproduit un remarquable mémoire de maîtrise de près de 400 pages, auquell'association a collaboré. Tous les aspects de l'exploitation ducharbon à Villard St Pancrace y sont abordés. Il est évidemmentimpossible de résumer cet ouvrage en une ligne, mais il démontre laremarquable capacité d'adaptation des paysans-mineurs (et non desmineurs paysans comme nous l'avons souvent écrit) aux impératifs de lagéologie, du climat, de l'administration et du contexte social.

    à Gadgeors, les mineurs possédaient, chacun, une parcelle de terrain à cheval sur une veine. Ils y exploitaient, seuls, le charbon, par simple grattage. Celui-ci était stocké dans des enclos, les "plateformes".
  • à Villard St Pancrace : les exploitants élisaient un gérant qui les représentait auprès des Pouvoirs Publics et des négociants. Cependant, l'exploitation restait, sinon individuelle, du moins familiale. Il ne s'agissait, en aucun cas, de coopératives ouvrières.


La "cabane" était au cœur de la vie sociale des paysans-mineurs.