Les crues torrentielles

On conna�t bien aujourd'hui la typologie des crues torrentielles et l'importance des d�g�ts qu'elles engendrent.

Les crues des torrents et rivi�res torrentielles du Brian�onnais se produisent le plus souvent :

* au printemps, lorsque des pr�cipitations importantes tombent sur un manteau neigeux tr�s �pais. Ce fut le cas lors de la crue "mill�nale" de 1856 qui a marqu� les m�moires (photo 1)

* pendant l'�t�, � l'occasion de violents orages. Ce fut le cas lors de la crue du Verdarel le 9 juillet 1981 (photo 2) et de la crue du Bez du 24 juillet 1995 (photo 3).

Les crues d'automne sont plus rares.

Ces crues sont d�vastatrices ainsi qu'en t�moignent les noms donn�s aux torrents : Merdanel, Merdarel, Verdarel, Bramafan (= hurle la faim), Rabioux (= enrag�) et le texte ci-apr�s.

1-st�le comm�morant la crue de 1856

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(Le Mon�tier-les-Bains)

2- crue du Verdarel du 9 juillet 1981

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(St Chaffrey)

3- crue du torrent du Bez

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..du 24 juillet 1995.
LES LAVES TORRENTIELLES

A l'occasion de leur fonte, les glaciers du Brian�onnais ont laiss� de nombreux d�p�ts : les moraines. Celles ci- sont constitu�es de gros blocs, galets et particules plus fines emball�s dans une matrice argileuse. Les moraines sont �videmment tr�s sensibles � l'�rosion. A l'occasion des crues, les particules fines qu'elles renferment chargent les eaux de ruissellement et les transforment en une sorte de boue tr�s �paisse, la lave torrentielle qui forme des lobes (photo 4). La densit� des laves torrentielles peut atteindre 2. Dans ce cas, des gros blocs de rocher peuvent "flotter" partiellement (photo 5).

4- lobes de lave torrentielle

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        (Verdarel, crue du 9 juillet 1981)

5- transport d'un bloc de 500 tonne

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...par le torrent du Boscodon en juin 1998.
RAPPORT DU COMMANDANT ITIER, DE LA PLACE D'ARMES DE BRIANCON, SUR LA CRUE MILLENALE DE 1856
(archives d�partementales des Hautes Alpes)

Pendant plusieurs jours des pluies chaudes alternant avec des coups de soleil br�lants avaient p�n�tr� les neiges et d�cid� leur fonte. Pendant les journ�es des 25, 26, 27, 28, et 29 mai, une pluie forte et presque continuelle et une grande accumulation d'�lectricit� qui se traduisit par une vol�e de grelons gros comme des noisettes et durs � ne pouvoir �tre ray�s avec l'ongle, activ�rent cette fonte qui s'op�rait � vue d'oeil.(�)

Dans la nuit du 29 au 30 mai, les eaux grossirent encore beaucoup. La Durance la Guisane et la Cerveyrette franchirent et renvers�rent leurs digues et toutes les d�fenses sur leurs bords et d�bord�rent de toutes parts; tous leurs affluents en firent autant.

Le 30, au point du jour, on arriva de tous cot�s demander du secours, et nulle part ils ne firent d�faut. Cette journ�e fut terrible, il pleuvait � flots, les terres, les arbres, les rochers se d�tachaient de toutes parts et s'�croulaient avec fracas dans ces torrents furieux dont ils augmentaient beaucoup la force destructive.

Ce n'�tait plus de l'eau qui coulait, c'�tait une boue liquide roulant des arbres et des rochers �normes, et les d�bris des maisons renvers�es par elle.

Le 30, St Chaffrey envoya demander du secours. Il �tait assailli par les deux torrents dont l'un le traverse1 [et] l'autre le longe (1). Les travailleurs du 52�me enlev�rent le pont de bois (3) de la route imp�riale qui �tranglait les eaux et les faisait refluer dans le village qui fut ainsi sauv�, mais d�truisit des terres sur une grande surface et comme toujours, les meilleurs.

Les eaux de tous ces torrents sont rest�es fort hautes du 29 au 3 juin. Depuis lors, elles ont d�cru, cependant la Durance a encore au moins quatre fois plus d'eau que de coutume. La baisse de la Guisane est moins sensible. Ce torrent toujours furieux a encore au moins 20 fois son volume habituel, et � chaque heure, fait de nouveaux ravages. Par sa jonction avec la Durance, la vall�e sous Brian�on est encore en partie inond�e et, partout, les habitants sont encore occup�s a lutter contre les eaux.

Sur tous les cours d'eau, tous les ponts ont �t� emport�s, � l'exception de deux sur la Durance : celui de la Vachette, au pied du Mont Gen�vre, et le pont roux � 7 km en aval de Brian�on, pont en pierre centenaire, dont une des cul�e a �t� si fortement entam�e, qu'un instant, on l'a cru perdu. On a �t� forc� de d�truire tous les ponts qui n'�taient pas emport�s parce que tous ces ponts modernes p�chent par le m�me d�faut : disproportion avec les grandes eaux qu'ils arr�tent et font d�border.

Au village de Fontenil en amont de Brian�on, malgr� les efforts des habitants et de la troupe, d�s ce jour, la moiti� des maisons et toutes les terres furent emport�es. Le lendemain, d'autres maisons furent encore d�truites. Il ne reste au plus qu'un tiers du village et plus d'une de ces maisons probablement tombera. D�s les premiers dangers, toutes ces maisons avaient �t� �vacu�es et tout leur mobilier avait �t� enlev� par nos braves soldats.

J'allais examiner la Durance au pont de communication de la ville avec les forts. A cet endroit, o� elle est �trangl�e entre deux murs de rochers distants d'environ 10 m�tres, elle avait au moins 20 m�tres de hauteur c'est � dire 20 fois sa hauteur ordinaire

Ste Catherine, toute la belle propri�t� de MM Chancel(4), dans la gorge de la Durance fut emport�e dans la nuit du 29 au 30, ainsi qu'une scierie � eux. Dans la journ�e, la Durance �tendant ces ravages, enleva la majeure partie du terrain restant, ainsi que les murs de cl�ture de la grande fabrique des fr�res Chancel.

La journ�e du 31 fut aussi terrible. La Durance continuant ses ravages, bouleversa toute la vall�e en dessous de Ste Catherine qui semblait un lac coup� par plusieurs courants furieux. Tout le terrain restant entre elle et la grande fabrique des fr�res Chancel disparut, emport� et les eaux furieuses battirent les fondations de cette fabrique dont un angle fut d�moli.


1- Le torrent de Ste Elisabeth.
2- Le torrent du Verdarel
3- remplac� par la suite par un pont levis
4- Il s'agit de l'usine de la Schappe. Elle traitait les r�sidus de soie et a employ� jusqu'� 1200 ouvriers et ouvri�res. C'�tait la plus grande usine des Alpes.
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