LES MINES DU BRIANCONNAIS (1/4)

Avant d'�tre un haut lieu du tourisme, le Brian�onnais a connu une intense activit� mini�re avec plusieurs centaines de mines paysannes, des mines d'altitude (et notamment la mine de graphite du Chardonnet), des mines "industrielles" et des mines m�talliques. 
En raison des difficult�s d'exploitation, l'Etat n'a pas nationalis� le charbon Brian�onnais. De ce fait, les m�thodes d'exploitation sont rest�es identiques � celles du XIX� si�cle. C'est pourquoi l'on trouve en Brian�onnais des objets et des outils qui ont compl�tement disparu des autres bassins miniers, ce qui fait aujourd'hui la richesse de ces sites.

Jusqu'en 1988, ce patrimoine exceptionnel �tait ignor� des auteurs et des chercheurs. C'est un travail r�alis� en milieu scolaire et repris par l'association qui a permis son exhumation et la mise en place de structures de mise en valeur : Syndical Intercommunal � Vocation unique (SIVU "Patrimoine") aujourd'hui dissous, Centre de Culture Scientifique et Technique (CCSTI) sp�cialis� dans le patrimoine minier...

A - LES ANCIENNES MINES DU BRIANCONNAIS
Nous classons les mines de charbons en 4 cat�gories :
les mines paysannes,
les mines industrielles,
les mines d'altitude,
les mines m�talliques.

Cette classification est une commodit�. Elle ne prend pas en compte le fait que certaines mines paysannes ou industrielles peuvent �tre, aussi, des mines d'altitude.

1 - LES MINES PAYSANNES DE CHARBON

Elles font l'originalit� du Brian�onnais tant par leur technique d'exploitation que par leur organisation sociale. Les plus nombreuses sont situ�es dans le village minier de Villard St Pancrace qui jouxte Brian�on ainsi que le montre cette carte emprunt�e � D. MERCIER, g�ologue et ami de l'association. (carte Mercier).

Ext�rieurement, elles se manifestent, le plus souvent, par un cadre en bois et un petit terril (mine de Puy St Pierre). 

Les mines paysannes repr�sentaient un compl�ment de revenu aux activit�s agricoles. Pour des raisons de temp�rature moyenne, celles-ci se tenaient enti�rement dans un cr�neau allant du 15 mai au 15 ao�t ("9 mois d'hiver, 3 mois d'enfer" disent les Brian�onnais). Les mines �taient exploit�es uniquement l'hiver. 

C'est l'Etat qui a pes� pour que les Brian�onnais abandonnent le combustible-bois pour le combustible-charbon. Les premi�res concessions sont apparues au d�but du XIX� si�cle. Dans les ann�es 1960, on en comptait 55. 

Pendant la p�riode hivernale, et avant le d�marrage des exploitations mini�res, les Brian�onnais louaient leur force de travail � l'ext�rieur du d�partement : les peigneurs de chanvre, tr�s r�put�s, �migraient en Rh�ne-Alpes. 

Mineurs-paysans ou paysans-mineurs ?
Une r�cente publication cit�e plus loin, nous conduit � penser que les mineurs du Brian�onnais �taient d'abord des paysans et ensuite des mineurs.

1.1 - inclinaison des veines et techniques d'exploitation
Rares �taient les veines horizontales. Dans ce cas, une galerie "ma�tresse"(sch�ma exploitation) d�bouchait sur des chambres d'exploitation (photo chambre d'exploitation). Des morceaux de troncs (les "buttes") y emp�chaient l'effondrement du toit.

En raison des mouvements alpins, les veines �taient, le plus souvent, redress�es � la verticale (photo veine verticale). Dans ce cas, les morceaux de troncs servaient d'�chafaudage (sch�ma �chafaudage).

1.2 - du grattage au travers bancs
Dans les zones les plus recul�es, l'exploitation se faisait par simple "grattage", directement dans la veine. C'est le cas dans le site de Gadgeors (photo Gadgeors). Dans les secteurs les mieux �quip�s, on creusait un travers-bancs qui permettait d'atteindre la couche en profondeur (sch�ma travers-bancs). Les avantages de ce dernier sont nombreux : 
la couche est exploit�e l� o� elle est la plus �paisse,
l'�vacuation du charbon utilise au mieux la gravit�,
l'�vacuation de l'eau est facile.

En revanche, son percement exigeait une bonne connaissance de la g�ologie et repr�sentait un investissement humain pr�alable.

1.3 - la ventilation
Faute de disposer de compresseurs, les mineurs-paysans utilisaient un syst�me de convection naturelle de l'air, reliant la galerie d'exploitation � une galerie dite du "retour d'air" par des "montages" (sch�ma montages).

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