Les canaux d'irrigation du Briançonnais
| | Les canaux du Briançonnais ont la particularité d’être encore à ciel ouvert, et d’assurer, de ce fait, des fonctions écologiques essentielles. Creusés pour la plupart au XIVème siècle, ils constituent un patrimoine exceptionnel mis en péril par les nouvelles lois sur l’eau. L’association leur a consacré un travail de recherche et de mise en valeur considérable. |
a- des canaux en Briançonnais, pourquoi ?
Le caractère verdoyant des paysages du Briançonnais pourrait laisser penser au visiteur que toute irrigation est inutile.
Il faut savoir que les plantes ne poussent que lorsque la température moyenne dépasse 10°. Ces conditions sont généralement réalisées entre le 15 mai et le 15 août. Or c'est justement durant cette période que les précipitations sont les plus faibles. Il faut donc irriguer.
b- canaux du Briançonnais : un peu d’histoire
La construction des canaux d'irrigation du Briançonnais remonte au XIV° siècle. Elle coïncide avec la publication de la "charte des Escartons" (ou charte des libertés) qui a donné aux "escartons" du Briançonnais un espace de liberté très important.
Les traces de ce lointain passé sont encore visibles. Ainsi, à l’entrée de la Vieille Ville de Briançon ont peut voir l’entrée du canal Gaillard (
photo 1) qui alimentait les gargouilles (
photo 2) en vue de prévenir les incendies.
Depuis cette époque, ils sont gérés par des associations, appelées autrefois "pareries" et aujourd'hui Associations Syndicales Autorisées (ou ASA). Grâce à elles, ils ont survécu aux extraordinaires mutations que le pays a connues.
La réglementation des ASA est complexe car il s’agit d’organismes publics réunissant des personnes privées. Dans le périmètre irrigable situé en aval du canal porteur (
carte 3) l’adhésion à l’ASA est obligatoire.
c - le système d'irrigation
Il s’agit de canaux à ciel ouvert, l’écoulement se faisant par gravité, d’où leur nom de canaux à irrigation gravitaire. Ils s’opposent aux canaux « embusés » dans lesquels l’eau s’écoule sous pression et se répand par aspersion.
L’irrigation par aspersion est utilisée dans les zones agricoles (en gros le Sud du département) car elle exige moins de moins d’œuvre. L’irrigation gravitaire a perduré en Briançonnais en raison de la disparition de l’agriculture.
Les gros canaux ou canaux porteurs se ramifient en "peyras" qui se ramifient elles-mêmes en "filioles".(
schéma 4). L'arrosage se fait par submersion ou à la raie (pommes de terre).
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d - le réseau briançonnais
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carte 5) Le Briançonnais compte 120 km de canaux-porteurs. Les plus importants sont ceux de la vallée de la Guisane (Serre Chevalier) :
* rive gauche : Grand Canal de Ville et canal Gaillard,
* rive droite : canal des Queyrelles et canal Neuf de Puy St Pierre.
Des mesures effectuées en septembre 2003, par R. LESTOURNELLE en collaboration avec P. CHARTON de la Chambre d'Agriculture des Hautes Alpes, ont permis de mesurer les quantités d'eau prélevées par les 4 principaux canaux de la Guisane (
document 6). Ces prélèvements représentent de 6 à 10% du débit de cette rivière.
e- ouvrages d’art et grande débrouille
L’importance vitale de l’eau pour les hommes des générations passées, les ont conduit à construire des ouvrages monumentaux pour quelques litres d’eau par seconde (
photo 7).
D’un autre coté, la pauvreté a conduit les mêmes à mettre en place des aménagements de fortune (
photo 8).
f- les aménagements
- les prises d’eauLes prises d’eau se font en grande majorité dans les rivières (
photo 9), plus rarement dans les torrents ou à partir de sources. La prise d’eau se poursuit par une tête de canal relativement longue (
photo 10).
- les cuvettesElles sont variées :
* simple tranchée creusée dans le sol (
photo 11)
* tronc creusés (
photo 12)
* caissons en bois (
photo 13)
* buses en métal (
photo 14)
* buse en plastique (
photo 15)
- vannes et étanchesLes vannes permettent de régler le débit de l’eau. Elles peuvent être en bois (
photo 16) ou en métal. Les étanches permettent de fermer les ramifications ultimes (les « filioles ». Elles sont mises en place par lancer (
photo 17).
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